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Mousquetaires de la chanson, ils finiront bien par conquérir le coeur de tous
Mise à jour le vendredi 05 septembre 2008
Par: Georges Gaudet
Elle est capable de brasser la baraque, lui plonge au coeur de tout ce que ses instruments de musique peuvent lui donner. Quant au père, il catalyse le tout, aide à transformer cette énergie en harmonie, un peu comme on équilibre une oeuvre d’art. Ainsi, le père devient un peu le guide du fils et de sa compagne, ce jeune couple de musiciens et chanteurs qui ont conquis depuis longtemps le coeur des Madelinots. Il leur reste maintenant le Québec, la France, peut-être le monde, sait-on jamais.
Jean-Marc Bénard, son fils Jean-Philippe et la compagne de celui-ci, Véronique Harvie, sont au monde musical ce que de jeunes alpinistes sont à l’Everest, et ils veulent bien le conquérir. Un peu en retrait aux Îles, le paternel se fait discret alors que les deux jeunes, eux, ont bien l’intention de trouver le chemin du bonheur en glissant sur les montagnes des sons tout en fabriquant leurs propres mélodies.
Véronique Harvie (Véro)
« Elle a du chien » et c’est le moins qu’on puisse dire. En quelques minutes de présence sur scène, sa voix, son talent naturel, son sens de la communication avec le public, sa beauté, son air de conquérante venue d’ailleurs, ont vite fait d’ensorceler son auditoire, toujours prêt à en demander plus. La fille à Eddi Harvie a toujours chanté. À deux ans et demi, elle était la vedette familiale. Papa à la guitare, elle chantait « Il s’appelait Stewball ». Une douzaine d’années plus tard, elle donne son premier spectacle solo au Centre culturel de Havre-Aubert après avoir suivi des cours de chant avec Yolande Painchaud. D’autres spectacles locaux et galas suivront par la suite. Elle aime être la bougie d’allumage sur scène et découvre depuis peu un réel plaisir à communiquer avec son public, pas seulement en chantant. Ses idoles sont les vedettes d’hier et d’aujourd’hui qui ont su durer, qui ont conquis un public demeuré fidèle, femmes de caractère et de grand talent. Cela n’empêche pas Véro d’aimer aussi chanter « comme quelque chose qui se chante à l’oreille ». Qui n’en voudrait pas?
Derrière ce portrait de scène se cache aussi une femme d’aplomb, réaliste et qui crie son envie de vivre pour chanter et aussi de chanter pour vivre..., mais « pas à n’importe quel prix » comme elle le souligne avec une fermeté qui semble tenir de l’engagement moral. À 27 ans, il est des réalités incontournables, il faut gagner sa croûte. C’est pourquoi elle pratique le métier de coiffeuse chez « Tonic Salon Spa » à Montréal. C’est un travail qu’elle aime et qui lui permet de rencontrer des tas de gens et multiplier les contacts. Lucide, elle dit : « Ce n’est pas juste le talent qui compte. Dans ce milieu, il faut aussi rencontrer la bonne personne au bon moment, surtout quand on ne veut pas devenir qu’une étoile filante ». Celle qui aime autant le rock, le folk que le country a les deux pieds sur terre et c’est avec une pointe de déception qu’elle dit : « J’ai l’impression d’être une chanteuse qui n’a le choix que de faire autre chose... en attendant. » Une telle déclaration démontre une grande sensibilité cachée et puis, comme pour se faire pardonner cet excès de confidence, elle reprend : « Mon objectif n’est pas nécessairement de devenir une vedette planétaire. Je veux simplement pouvoir bien vivre de la musique, faire ce que j’aime et vivre de ma passion. » Et elle termine avec cette déclaration qui est à la fois un cri d’espoir et une déclaration solennelle : « Chanter, c’est pas juste un rêve; chanter, c’est ce que je suis. » Avec une telle conviction personnelle, pas étonnant que sur scène, ses admirateurs l’adorent et en redemandent.
Jean-Philippe Bénard
Fils de Jean-Marc et compagnon de Véro, son histoire tient un peu de celle d’Obélix, les kilos en moins. Il est tombé dans la musique alors qu’il était tout petit. Plongé dans les rythmes musicaux émanant de chez les Bénard, et de par sa mère chez les Langford, Jean-Philippe est un touche-à-tout qui préfère la basse, la batterie et la guitare. Jouer des « tounes » en duo,comme il dit, génère un plaisir certain chez cet artiste toujours à la recherche de l’authentique. D’ailleurs, ce mot revient plusieurs fois dans la conversation et c’est comme s’il en avait fait la ligne directrice de toute son exploration musicale. C’est son père, Jean-Marc, qui a introduit Véro dans le clan familial et puis, avec le temps, ces deux jeunes passionnés de musique sont devenus compagnons de vie. « Aujourd’hui, on fait tout pour vivre de notre art, mais pas à n’importe quel prix. » Tiens, en voilà un autre qui est prêt à tout pour réussir dans ce milieu artistique, mais pas au prix de choses qui ne s’achètent pas. Pour l’instant, ils n’ont pas de nom de scène et ne semblent pas s’en préoccuper outre mesure. Le paternel est toujours la référence en arrière-plan, on rêve d’un « band » solide, soudé et qui partagerait les mêmes idées et objectifs à atteindre. Justement, comme objectif, en voici un incontournable pour Jean-Philippe : des chansons, des textes, une musicalité qui suggèrent, apportent ou proposent des solutions. Des textes à saveur des années 50 et 60 servis au goût d’aujourd’hui et qui parlent de solutions plutôt que de problèmes. En résumé, un son original, authentique, entraînant, engagé et avec beaucoup de profondeur.
Vivant en couple depuis un peu plus de deux ans, Véro et Jean-Philippe trouvent le moyen de vivre leur vie « normale » en plus de se consacrer à leur passion mutuelle, la musique. Bien sûr, en attendant, tout comme Véro, il faut gagner son pain et c’est comme technicien machiniste chez SPECTRA, une firme spécialisée en organisation de spectacles, qu’il va chercher le pain et le beurre avec sa compagne. Pour ce qui est de la tartinade au caviar, ce sera pour plus tard, mais une chose demeure certaine, ils ne l’auront pas volé. On ne peut qu’admirer le courage de ce jeune couple qui, sans prétention, avoue leurs différences et surtout ce qui les unit dans le monde musical. « Comme couple, on a moins de censure entre nous », de dire Jean-Philippe. « Moi, j’ai tendance à m’en mettre un peu plus sur les épaules et puis Véro, elle, est moins stressée, enfin elle fait comme si elle était moins stressée. » En filigrane, il y a le paternel qui relativise le tout, sur le plan musical bien sûr, ce qui permet aux tourtereaux de travailler sur des projets à venir, des choses dont on ne peut pas encore parler, mais qui les allument certainement. Peut-être est-ce ainsi que, déjà, ils peuvent montrer un palmarès professionnel plus qu’enviable.
Pas mal leur palmarès
Évidemment, ce n’est qu’un résumé succinct de leur aventure artistique, mais il y a déjà de quoi être très fier. C’est en 2004 que Véronique se greffe à la famille Bénard et, dès 2005, ils partent pour la grande tournée à Tatillou en Normandie. Là-bas, ce sera un succès assuré et ils vivront l’une de leurs plus belles expériences artistique et musicale. Ce sera dans une vieille église du XIIe siècle, à l’acoustique exceptionnelle, qu’ils enregistreront une interprétation de la chanson « Sunrise ». Plus tard, en 2006, ils seront de La Grande Traversée et enfin le Festival de Beaumont du Québec en France. Par la suite, ce sera la visite d’un ministre français au Québec qui leur permettra de s’illustrer et ils termineront cette année 2006 par une tournée aux Îles avec diverses prestations dans les lieux les plus populaires de l’archipel. À l’été 2007, ils reviennent encore aux Îles pour une autre tournée qui trouve son apogée dans un spectacle aux Pas Perdus. En 2008, ils font « L’heure de gloire » à Radio-Canada avec René Simard. Ils interprètent « Jackson » de Jhonny Cash, un classique en son genre. C’est un succès et en juin de cette même année, ils gagnent le titre de « Talents 2008 » au Vieux Shack à Saint-Jérôme. Pour mériter cet honneur, ils devront passer par trois étapes d’élimination, ce qui en dit long sur leur talent. Récemment, ils étaient les vedettes du spectacle de l’année de la Chambre de commerce des Îles Aux Pas Perdus Bar Spectacle. Aux dires de la direction de l’établissement, ce fut le seul spectacle à guichet fermé de la saison estivale.
Quand Jean-Philippe dit travailler constamment à faire revenir l’harmonie vocale de l’époque des années cinquante tout en allant chercher une mélodie différente à travers chaque instrument de musique qu’il maîtrise, il n’est pas surprenant de voir ces deux artistes attirer un public qui en redemande de plus en plus.
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