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L’homosexualité : d’où vient-elle ?
Mise à jour le jeudi 30 novembre 2006
Par: Pierre-André Doucet
Avant d’entamer votre lecture, il faudrait noter deux choses : tout d’abord, je ne suis pas un expert en santé mentale, en psychologie, en biologie, ou même en sexologie. En deuxième lieu, les points soulevés ne cherchent pas une réponse définitive à la question posée dans le titre de cette chronique, mais plutôt à inciter une pensée chez chacun des lecteurs. Réfléchissez, formez votre propre opinion, mais surtout, faites un choix éclairé sur votre conception.
Plusieurs théories circulent présentement en ce qui concerne l’orientation sexuelle. Cependant, il est impossible (du moins, présentement) d’effectivement sélectionner une d’entre elles comme étant « la bonne » : plusieurs d’entre elles apportent des bons points, mais peu parmi elles peuvent se vanter d’être sans failles, ou complètes. La conception la plus commune veut que l’orientation soit prédestinée, ou génétiquement délibérée. Ce courant est appuyé par la vaste majorité des travailleurs en santé mentale et des recherchistes en sexualité. Il est aussi plus sensé, en ce qu’il questionne également la source de l’hétérosexualité. Par contre, bon nombre de gens considèrent que c’est un choix (ce qui, par expérience personnelle et par consensus général de la communauté homosexuelle et scientifique, est fautif). (Et pour ceux qui penseront que j’ai un biais : évidemment, je suis biaisé, et je dénonce ce que je pense faux, parce que ces méconnaissances perpétuent des stéréotypes outrants à l’égard de ceux qui partagent mon orientation. Un gros DUH là-dessus.).
Il faut cependant y faire face : les deux théories ne sont pas sans lacunes. Pourquoi un individu choisirait-il d’être homosexuel ? D’autre part, si seuls les gènes étaient la source de l’homosexualité, pourquoi, chez des jumeaux identiques, seulement 55 % des frères jumeaux d’homosexuels le seraient eux-mêmes (selon une étude scientifique datant de 2003) ?
D’autres conceptions, encore : certains croiraient que l’environnement dans lequel grandit un enfant peut le prédestiner à l’homosexualité (souvent ceux qui se permettent de prétendre que c’est un choix). Selon ces propos, un environnement négatif en enfance serait la « cause » de l’homosexualité (abus psychologique, physique ou sexuel, mère trop présente, figure paternelle absente, etc.). Toutefois, ce n’est évidemment pas le cas, et je ne suis qu’un exemple parmi des millions : a) j’ai d’excellents parents, merci beaucoup (Hi Mom!), b) je ne suis pas victime d’abus et c) si tel était le cas, mes soeurs et mon frère ne seraient-ils pas aussi homosexuels? Or, ce n’est bel et bien pas le cas.
Dans une autre ligne de pensée, l’orientation sexuelle serait une question d’hormones : soit l’homosexuel mâle aurait plus de testostérone que l’hétérosexuel, ou soit qu’il en aurait moins. Par contre, des quelques études effectuées sur cette question, aucune ne peut se dire conclusive sur la question hormonale. Bon. Nous sommes alors dans de beaux draps ! Une solution plus centriste vient cependant nous éclaircir, ne soit-ce qu’un petit peu. Un mariage entre les plusieurs courants majeurs énumérés a éveillé, et ce depuis quelque temps, des appuyeur notés.
Comme de fait, selon l’American Psychological Association, « l’homosexualité et l’hétérosexualité sont probablement le résultat de l’interaction entre divers facteurs, dont la génétique, les hormones et les facteurs environnementaux. » Par contre, ils notent bien que « les influences psychologiques et sociales à elles seules ne peuvent pas entraîner l’homosexualité ».
Enfin, j’ai tendance à croire que la prédestination génétique est encouragée ou découragée par l’environnement de l’enfant. Plusieurs chercheurs supposent que « le gène homosexuel » est porté par un nombre quelconque de personnes. Selon moi, si le gène est activé, l’individu sera prédisposé à avoir des relations homosexuelles. Si le gène demeure, au contraire, latent, le porteur pourrait vivre une vie hétérosexuelle sans jamais se rendre compte qu’il détient « le gène homosexuel ». Cela expliquerait, entre autres, pourquoi certaines personnes ne découvrent leur homosexualité que très tardivement, ou encore pourquoi seulement 55 % des jumeaux identiques d’homosexuels le seraient à leur tour.
Et avant qu’on se quitte, question de vous bouleverser un peu plus (si ce n’est pas assez fait !), parlons brièvement de Kinsey. Psychologue, botaniste, biologiste, pianiste, mais aussi sexologue avant-gardiste. Selon cet homme (qui a publié, entre autres, deux énormes volumes traitant de la sexualité masculine et féminine, respectivement), la sexualité ne serait qu’une formalité sociale dont l’humanité s’est dotée. Sa perspective prône la notion des « actes hétérosexuels » et des « actes homosexuels ». Poussant plus loin, chaque personne se situerait alors sur une échelle de 0 à 6, les deux extrêmes représentant l’hétérosexualité complète et l’homosexualité complète. Toutefois, son emplacement serait fluide : quelqu’un pourrait être un 0 pendant une période, avant d’être un 2, puis un 1. Ce concept, plutôt théorique que pratique, vouerait une bisexualité inhérente chez presque chaque être humain. Peu probable, mais toutefois possible. Matière à réflexion, en tout cas.
Finalement, je n’ai fait qu’un survol très bref et très vague, mais peut-être pourra-t-il vous mener à une réflexion recherchée, plutôt que basée sur des non-sens ou des rumeurs. Évidemment, je ne vous ai pas fourni tous les faits nécessaires – sinon, j’aurais tout d’abord élaboré sur ce qu’est l’homosexualité (peut-on être homosexuel et célibataire ? Si oui, comment un homme célibataire peut-il être confiant d’être hétérosexuel ? Qu’est-ce qui définit concrètement un être homosexuel ? Ce ne sont que quelques questions sur des milliers qu’il faudrait se poser.). Mais partez quand même en réfléchissant un peu. Ça ne fera jamais de mal à personne, ça.
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