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La face changeante de L’Acadie
Mise à jour le vendredi 05 septembre 2008
Bonjour à tous et à toutes, j’espère que l’été et les vacances vous ont bien plues. J’ai pour ma part fait mes adieux temporaires à la Chine. Après deux ans dans les grandes villes de Hong Kong et de Shanghai tout me semble maintenant calme et serein. Je suis arrivé en Amérique du Nord à Chicago, et même cette ville, la troisième en importance aux États-Unis, avait pour moi l’air d’être un village. J’ai passé une belle vacance active qui me mena d’abord à Lansing, capitale du Michigan, ensuite à Montréal à la recherche d’un appartement pour aboutir ensuite au Nouveau-Brunswick pour le 15 août à Caraquet et à Moncton pour visiter famille et amis. Je me retrouve maintenant dans l’univers exotique et totalement différent d’Outremont, où j’habite maintenant un sept et demie avec deux amis de Moncton et une fille de la Saskatchewan.
Bien que beaucoup moins grand et moderne que Shanghai, Outremont qui est le plus petit des quartiers de Montréal, réserve quand même de belles surprises au nouvel arrivant que je suis. Il faut dire qu’il est bon pour le moment de ne plus vivre dans une ville que l’on croirait sortie de « Blade Runner ». J’apprécie les nombreux cafés et restaurants qui parsèment le quartier, l’ambiance relaxe de Montréal ainsi que son côté culturel et européen qui a certainement un charme. Surtout, comme le disait une de mes amies qui vient tout juste de partir continuer ses études aux États-Unis : « Ce qui importe dans une ville, c’est autant la ville que les gens qui y habitent, d’être avec les gens qu’on aime.»
Je suis né à Montréal et j’ai toujours ressenti une certaine affinité avec la ville, les grands boulevards et les parcs bondés. Une ville où des gens de partout au monde viennent et partent, plusieurs finissent par s’y installer. Mon quartier compte un grand nombre de Grecs, je ne suis pas loin de la petite Italie, les Indiens vivent au nord dans Jean-Talon et je suis au plein milieu de la communauté Juive Hassidique de Montréal qui a d’ailleurs été le sujet de nombreux débats sur les accommodements raisonnables. Je suis aussi à deux pas de l’élite francophone de Montréal qui habite sinon mon quartier, du moins un peu plus au sud dans le Plateau Mont-Royal. Dans cet univers multiculturel qui définit de nos jours le Canada urbain, je suis en tant qu’Acadien, le membre d’une autre communauté culturelle dans la métropole.
D’après le recensement de 2004, le Canada compte maintenant plus d’un million de Chinois, plus de 500 000 personnes originaires des Caraïbes et plus de 700 000 personnes d’origine Indienne. Les Acadiens de leur côté ne dépassent presque pas le cap des 350 000 personnes. Je ne suis toutefois pas pessimiste par rapport à l’avenir de notre petite communauté. Nous avons les institutions et l’environnement linguistique qu’il nous faut pour survivre. Nous ne pouvons certainement pas nous asseoir sur nos lauriers et déclarer victoire dans la bataille pour la survie de notre culture, mais je pense qu’il est temps pour nous d’aller de l’avant.
Lors de mon voyage en Acadie cet été j’ai été surpris de rencontrer beaucoup de Chinois à Moncton. Je crois comprendre que le nouveau gouvernement Libéral s’est fixé comme objectif d’augmenter la population du Nouveau-Brunswick de plus de 100 000 personnes et prévoit pour atteindre ce but, accueillir à peu près ce nombre d’immigrants. Il est clair que la population Acadienne devra se battre pour conserver le même ratio linguistique qui existe présentement. Nous devrons du même coup concevoir ou consolider les organismes et institutions responsables de l’intégration des nouveaux arrivants. Notre avenir en dépend.
Notre pays est en transformation, de plus en plus de nouveaux arrivants proviennent de l’Asie, de l’Amérique du Sud et de l’Afrique. Ces gens de toutes les cultures changent le visage du Canada, qui depuis l’arrivée des Européens il y a 400 ans a été Blanc. Je parlais avec un homme Chinois très âgé en sortant du métro il y a quelques jours, ce dernier me disait en riant que le Canada ressemblait beaucoup aux Nations-Unies. Assis dans le métro ou marchant dans certains des quartiers les plus diversifiés de la ville de Montréal, où l’on peut apercevoir toute la beauté de l’humanité, je ne peux m’empêcher de croire qu’il a raison. Mais j’espère aussi qu’il restera toujours un petit coin de pays pour nous les Acadiens.

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