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Il y a un an, la vie basculait à Dalhousie
Mise à jour le lundi 01 décembre 2008
Par: Béatrice Seymour
L'Acadie Nouvelle: Mario Landry
DALHOUSIE - Il y a un an, AbitibiBowater annonçait la fermeture prochaine et définitive de son moulin à Dalhousie. Toute une gifle pour cette communauté dont l’usine était le pilier de son économie depuis près de 80 ans. Aujourd’hui, la population oscille entre l’espoir que la ville remonte la pente et la crainte qu’elle s’enlise encore plus.

Le maire de Dalhousie, Clem Tremblay, se souvient du choc lorsque, le 29 novembre 2007, les dirigeants lui ont présenté à brûle-pourpoint la situation.

"Cela m’a pris par surprise. Ils venaient me dire que le moulin fermait, que c’était permanent, que tous les emplois étaient perdus. En plus, il y avait une tempête de neige, se remémore-t-il. Nous avons été durement frappés. Nous n’avions déjà pas beaucoup de commerces ici..."

La vie de Roger Roy, âgé de 48 ans, de Dalhousie, a basculé ce jour-là. Après 28 ans de loyaux services, il réalisait que c’était la fin de toute une époque.

"Je savais que des papetières allaient fermer, mais je ne pensais pas que celle de Dalhousie fermerait parce que nous étions bien situés. Nous avions le port de mer, les transports et le chemin de fer, raconte-t-il. J’ai eu de l’argent de la compagnie pour toutes mes années de service, mais je n’avais pas droit au chômage avant d’avoir vécu pendant tant de mois sur cet argent. Pourtant, quand je travaillais, je payais les cotisations pour le chômage et maintenant, il faut que je me débatte avec l’assurance-emploi."

"Là, il va falloir que je prenne un cours pour un nouvel emploi, puisqu’il me reste encore entre 10 à 15 ans à travailler pour toucher une pension. À 48 ans, ce n’est pas comique de retourner à l’école, et je n’ai pas envie de me retrouver dans une classe avec des jeunes de 20 ans. Mais quel autre choix ai-je?", ajoute M. Roy.

Environ 400 travailleurs comme lui ont été mis à pied en janvier 2008.

Pire encore, Olin, spécialisée dans le traitement des produits chimiques à Dalhousie, qui employait une cinquantaine de personnes, a mis la clef dans la porte peu de temps après.

"Tout cela a fait beaucoup de mal à la ville et à la région. Cela brise le Restigouche. L’argent ne rentre plus. Et nous allons payer plus de taxes foncières et taxes sur l’eau, alors que notre pension ne grimpe pas. Et c’est sans compter que les coûts du chauffage et de l’épicerie sont à la hausse", dit M. Chiasson, un citoyen à la retraite.

D’autres, en particulier les commerçants, ne veulent pas verser dans le fatalisme, même s’ils reconnaissent que les temps sont durs et qu’avec la crise financière à l’échelle mondiale, l’avenir est plus qu’incertain.

"C’est sûr que nous serions bien mieux si le moulin n’avait pas fermé, reconnaît Clarence Aubé, le propriétaire du concessionnaire Lounsbury à Dalhousie. Mais moi, je me réveille tous les matins avec l’idée que mon commerce continue à porter des fruits. Mais comme n’importe où au pays, nous ne sommes à l’abri de rien avec les indications de récession."

Les gens, qui se sont fiés sur Abitibibowater pendant huit décennies, ont été déstabilisés par la fermeture de l’usine et se sont alors rendu compte que rien n’est acquis.

"Nous avons perdu pas mal de gens qui sont partis en dehors, mais nous tenons bon quand même. Si cela diminue trop, nous n’aurons peut-être pas le choix de fermer, mais nous espérons ne pas en arriver là", a signifié Rachel Doucet, la gérante de Downtown Kitchen, qui est située juste en face de l’usine.

"Quand nous étions jeunes, nous disions que ceux qui travaillent à AbitibiBowater ont un avenir assuré. Plus personne n’a de garantie sur rien. Nous ne sommes qu’un numéro et notre seule certitude, c’est que nous allons tous mourir", a confié Mme Doucet.

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